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Vendre en vente à terme : le guide complet du propriétaire

Bouquet, mensualités, fiscalité, protection contre les impayés, différence avec le viager. Tout ce qu'un propriétaire doit comprendre avant de se lancer — expliqué simplement, sans jargon.

Mis à jour en juillet 2026 · Lecture 9 minutes

Qu'est-ce que la vente à terme

La vente à terme est une vente immobilière classique, avec une seule différence : le prix n'est pas payé en une fois. L'acheteur verse une somme à la signature, appelée le bouquet, puis le solde en mensualités fixes pendant une durée décidée à l'avance — cinq ans, quinze ans, vingt-cinq ans.

Elle est prévue par l'article 1601-2 du Code civil et se conclut obligatoirement par acte notarié. Ce n'est ni un montage exotique ni une zone grise : c'est une vente ordinaire dont le paiement est échelonné.

La propriété est transférée à l'acheteur dès la signature. Il devient propriétaire ce jour-là, même s'il doit encore payer pendant vingt ans.

Comment ça fonctionne, concrètement

Trois chiffres suffisent à décrire une vente à terme : le prix total, le bouquet, et la durée.

Le prix total est celui du bien, fixé comme pour n'importe quelle vente. Le bouquet est la part versée le jour de la signature — en pratique entre 10 % et 30 % du prix. Le solde est divisé par le nombre de mois choisi, et ce résultat donne la mensualité.

Exemple chiffré
Prix du bien240 000 €
Bouquet versé à la signature48 000 €
Solde à étaler192 000 €
Durée choisie16 ans (192 mois)
Mensualité perçue par le vendeur1 000 € / mois

Aucun intérêt n'est facturé. Le vendeur perçoit exactement le prix convenu, ni plus ni moins — c'est la différence fondamentale avec un crédit bancaire, où la banque ajoute le coût de l'argent.

Vous pouvez tester différentes combinaisons avec le simulateur de TermeDirect, gratuitement et sans créer de compte.

La différence avec le viager

Beaucoup de propriétaires confondent les deux. La distinction tient en un mot : l'aléa.

En viager, les rentes sont versées jusqu'au décès du vendeur. Personne ne sait combien de temps cela durera. Si le vendeur vit trente ans, l'acheteur paiera trente ans. S'il décède au bout de deux ans, tout s'arrête et ses héritiers ne perçoivent plus rien.

En vente à terme, la durée est fixée dans l'acte. Et surtout : si le vendeur décède avant le terme, les mensualités continuent d'être versées à ses héritiers jusqu'à la dernière échéance. C'est l'argument que la plupart des propriétaires découvrent tardivement, et c'est souvent celui qui les décide.

 Vente à termeViager
Durée des versementsFixée à l'avanceJusqu'au décès du vendeur
En cas de décès du vendeurLes héritiers perçoivent la suiteLes versements s'arrêtent
Montant total encaisséConnu dès le premier jourInconnu
Imposition des versementsNon imposables (paiement du prix)Rente imposable après abattement
Nombre d'acheteurs intéressésPlus large : pas de pari sur une viePlus restreint

Le point à peser avant de choisir. La vente à terme porte bien son nom : les versements s'arrêtent à la date inscrite dans l'acte. C'est précisément ce qui la rend prévisible — vous savez dès le premier jour combien vous percevrez et jusqu'à quand, et l'acheteur aussi. Mais cela signifie qu'elle ne constitue pas un revenu perpétuel. Si votre projet repose sur des versements sans date de fin, la vente à terme n'y répondra pas.

Pourquoi des propriétaires choisissent la vente à terme

Pour transformer un bien en revenu régulier

Un capital reçu d'un coup se place, se dépense, ou dort. Une mensualité fixe pendant quinze ans complète une retraite mois après mois, sans arbitrage à faire et sans risque de marché.

Pour vendre un bien qui ne trouve pas preneur

Beaucoup d'acheteurs solvables et sérieux se voient refuser un prêt : indépendants, revenus atypiques, âge, apport insuffisant. Ils ne manquent pas de capacité à payer, ils manquent d'accès au crédit. En vente à terme, vous vous adressez à eux directement. Votre bien sort d'un marché saturé pour entrer dans un marché où presque personne ne propose rien.

Pour protéger ses proches

Les mensualités se transmettent aux héritiers. Certains propriétaires choisissent la vente à terme précisément pour laisser un revenu à un conjoint ou à un enfant, plutôt qu'un capital qui se dissoudra.

Par conviction

Aucun intérêt n'est versé, ni perçu. Pour les propriétaires qui refusent l'intérêt par principe — notamment les vendeurs musulmans qui souhaitent que leur bien permette à une famille d'accéder à la propriété sans riba — c'est une raison suffisante en soi.

Comment fixer le bouquet et les mensualités

Il n'existe pas de barème officiel. Trois curseurs sont à régler, et ils s'équilibrent entre eux.

Le bouquet. Plus il est élevé, plus vous êtes protégé — c'est de l'argent définitivement acquis. Mais plus il est élevé, moins vous trouverez d'acheteurs, puisque c'est exactement ce qui leur manque. Entre 15 % et 25 % du prix constitue un point d'équilibre raisonnable.

La durée. Une durée courte donne des mensualités lourdes et écarte beaucoup d'acheteurs. Une durée longue les allège mais vous fait attendre. Dix à vingt ans couvre la majorité des cas.

L'indexation. Vous pouvez prévoir que les mensualités soient revalorisées chaque année sur un indice, souvent l'indice des prix à la consommation. Sans indexation, 1 000 € en 2046 vaudront nettement moins qu'aujourd'hui. Avec indexation, l'acheteur perd en visibilité et certains reculeront. À arbitrer selon la durée : plus elle est longue, plus l'indexation se justifie.

Vente à terme libre ou occupée

Vous pouvez vendre et partir, ou vendre et rester.

Libre signifie que l'acheteur emménage dès la signature. Le prix est le prix du marché, sans abattement.

Occupée signifie que vous conservez l'usage du bien pendant une durée convenue, par un droit d'usage et d'habitation inscrit dans l'acte. Comme l'acheteur ne peut pas jouir de son bien immédiatement, le prix subit une décote — souvent de l'ordre de 20 % à 30 % selon la durée d'occupation prévue.

La formule occupée intéresse les propriétaires qui veulent monétiser leur logement sans déménager. Elle réduit en revanche le nombre d'acheteurs, car beaucoup cherchent justement à se loger.

Et si l'acheteur ne paie plus ?

C'est la première question de tous les vendeurs, et la réponse est plus rassurante qu'on ne l'imagine. Deux mécanismes se cumulent, et tous deux figurent dans l'acte notarié.

Le privilège de vendeur

Publié par le notaire au service de la publicité foncière après la signature, il équivaut à une hypothèque de premier rang. En cas de défaillance de l'acheteur, vous passez avant les autres créanciers pour être payé sur le prix du bien.

La clause résolutoire

Elle prévoit qu'en cas de non-paiement, la vente peut être annulée. Vous récupérez votre bien, et vous conservez les sommes déjà versées à titre d'indemnité. L'acheteur qui a payé pendant huit ans et qui s'arrête perd donc tout ce qu'il a versé : c'est une protection pour vous, et une puissante dissuasion pour lui.

Ce qu'il faut exiger dans l'acte. Ces protections ne fonctionnent que si elles sont correctement rédigées. Demandez à votre notaire un échéancier daté, une clause résolutoire explicite et la mention de la mise en demeure préalable. C'est son métier, et c'est exactement ce pour quoi vous le payez.

Un conseil qui élargira votre marché. Ne réclamez pas de pénalités de retard calculées en intérêts. Elles vous apportent peu — la clause résolutoire est infiniment plus dissuasive, puisqu'un acheteur défaillant perd tout ce qu'il a déjà versé. En revanche, elles écartent une grande partie des acheteurs présents sur TermeDirect, qui refusent par principe toute majoration d'une dette. Un acte sans pénalités d'intérêt vous protège tout autant et vous rend accessible à davantage de monde.

La fiscalité, et le piège que personne ne mentionne

Deux règles à connaître, et la seconde peut coûter cher à qui l'ignore.

Les mensualités ne sont pas imposables

Elles constituent le paiement du prix de vente, pas un revenu. Contrairement à une rente viagère — imposable chaque année après un abattement lié à l'âge — les mensualités d'une vente à terme n'ajoutent rien à votre revenu imposable. C'est un avantage réel et souvent décisif par rapport au viager.

La plus-value est due immédiatement, sur la totalité du prix

Voici le point sensible. La plus-value immobilière est calculée sur le prix total convenu, et elle est exigible l'année de la vente, prélevée par le notaire à la signature — alors que vous n'avez encore encaissé que le bouquet.

Le décalage de trésorerie. Si votre bien n'est pas exonéré et que la plus-value imposable est importante, l'impôt dû à la signature peut dépasser le bouquet que vous recevez ce jour-là. Vérifiez ce calcul avec votre notaire avant de fixer le montant du bouquet, pas après. C'est l'erreur la plus coûteuse de la vente à terme.

Une exception sauve la plupart des vendeurs : si le bien vendu est votre résidence principale au jour de la cession, la plus-value est totalement exonérée. Le problème ne se pose alors pas. Il concerne surtout les résidences secondaires et les biens locatifs.

Le taux applicable, hors exonération, est de 19 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec des abattements progressifs selon la durée de détention.

Quand la vente à terme est un mauvais choix

Il y a des situations où il faut renoncer, et mieux vaut le savoir tout de suite.

Les étapes, du début à l'acte

1. Estimez votre bien. Comme pour une vente classique. Le mode de paiement ne change pas la valeur.

2. Décidez vos conditions. Bouquet, durée, indexation, libre ou occupée. Le simulateur vous donne la mensualité correspondante en quelques secondes.

3. Publiez votre bien. Sur TermeDirect, la publication est gratuite, sans exclusivité et sans commission — vous restez libre de vendre au comptant par ailleurs.

4. Échangez avec les acheteurs. Vous discutez en direct, vous faites visiter, vous choisissez. Personne ne négocie à votre place.

5. Faites vérifier par votre notaire. Il contrôle la solvabilité de l'acheteur, calcule la fiscalité, et rédige les clauses de protection.

6. Signez. L'acte est signé, le bouquet est versé, les mensualités commencent. Votre notaire publie le privilège de vendeur.

Questions fréquentes

Puis-je continuer à habiter mon bien après l'avoir vendu ?

Oui, c'est la vente à terme occupée. Vous conservez un droit d'usage et d'habitation pour une durée fixée dans l'acte, en contrepartie d'une décote sur le prix, souvent de 20 % à 30 %.

Que se passe-t-il si je décède avant la fin des versements ?

Les mensualités continuent d'être versées à vos héritiers jusqu'au terme prévu. C'est la différence majeure avec le viager, où les rentes s'éteignent au décès.

L'acheteur devient-il propriétaire tout de suite ?

Oui. La propriété est transférée dès la signature de l'acte notarié, même si le prix reste à payer. C'est pourquoi le privilège de vendeur et la clause résolutoire sont indispensables.

Dois-je payer des impôts sur les mensualités que je reçois ?

Non. Les mensualités sont le paiement du prix de vente, pas un revenu. Elles n'entrent pas dans votre revenu imposable, contrairement à une rente viagère.

Combien coûte la publication sur TermeDirect ?

Rien. La publication d'une annonce et la mise en relation avec les acheteurs sont gratuites, sans exclusivité et sans commission sur la vente.

Puis-je vendre en vente à terme un bien encore soumis à un crédit ?

C'est possible, mais le crédit doit généralement être soldé à la signature — souvent grâce au bouquet. Si le bouquet ne suffit pas à rembourser le capital restant dû, le montage devient difficile. Faites vérifier ce point par votre notaire avant toute démarche.

Faut-il passer par une agence ?

Non, ce n'est pas obligatoire. La seule intervention indispensable est celle du notaire, qui rédige l'acte et sécurise la transaction. TermeDirect met en relation vendeurs et acheteurs sans intervenir dans la négociation.

Ces informations sont générales et ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Chaque situation est particulière : votre notaire les adaptera à la vôtre, et c'est lui qui rédige l'acte.

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